3ème étape: Pampa Linda - Chile

La nuit a été courte et froide. Les voix commencent à se lever dans le campement dès 5h00. Nous sortons de notre torpeur, la sortie du sac du couchage est pénible surtout que dehors la température est à 0 °C.
Commence le démontage des tentes et la préparation de nos containers. Nous comprenons maintenant pourquoi nous avons besoin de polar et de collant dans notre sac de course, c'est pour la pré course pour rester au chaud avant le départ.
Le départ qui était prévu à 7h00, n'aura finalement lieu qu'à 7h30, les organisateurs attendant le lever du jour. Plus prudent d'ailleurs. Nous tentons tant bien que mal de rester au chaud en trottinant ou en nous abritant dans la tente de l'organisation. Le petit café du camping est ouvert, Sandra et Myriam en profite pour boire quelque chose de chaud.

Compte rendu de Bernard.
" Finalement le départ a lieu à 7h45, lorsque le soleil commence à se lever, nous commencions à nous geler les c... Comme tous les matins, le troupeau s'élance à un train d'enfer comme s'il s'agissait d'un cross de 5 km. Les cavalières, accrochées, à leur monture, plus agressives que jamais, sont déjà à bout de souffle après la mi-course. Au début, le tracé est assez roulant, mais nous appréhendons déjà la suite lorsque survient les premières surprises, la traversée d'une zone marécageuse avec des passages où nos jambes s'enfoncent au-dessus du genou dans une boue aspirante; à chaque pas nous craignions de perdre notre chaussure au fond des marais.
Après plusieurs kilomètres, il parait que les bains boue sont bons pour les articulations, un passage tortillant dans les sous-bois avant de commencer l'ascension du premier col.
Selon la pente, on alterne marche et course pendant environ 6 km qui ne ménage pas les mollets. Arrivée en haut à +-1600 m, une longue descente nous attend, d'abord dans les sous-bois (magnifique) et ensuite sur un rocher de pierre glissant avec des sections de rochers à forte pente; mieux vaut garder l'équilibre pour ne pas culbuter dans le ravin dont le fond est parfois fort bas.
Dernière nous, une vue superbe sur le glacier qui surplombe la vallée; Le coup d'oeil ne sera que de courte durée pour se concentrer sur nos pieds et éviter les acouts et soulager les quadriceps qui commencent à chauffer.
Au bas de cette longue descente, commence une section de +- 8 km dans la forêt. Ce passage est certainement le plus fatiguant car il est valloné et entravé de nombreux obstacles. Alternance de sauts de tronc d'arbre, de passages sur des planches humides et recouvertes de bambous sur le sol-glissant- de tronc d'arbre à hauteur de la tête ( on s'en est ramassé 2), sans compter les bambous pointus taillés à hauteur de sol et les nombreuses racines souvent glissantes. Le tout sur chemin vallonné et tortillant. Petit à petit, nous remontons quelques équipes en perte d'énergie. Au bout de cette interminable portion rempli de pièges, la traversée de la rivière sur un tronc à deux mètres du sol n'est qu'une formalité.
on nous indique qu'il reste environ 6 km de chemin qui serpentent dans la forêt avant la dernière ascension vers le Chili. Ce chemin n'arrête, en effet, pas de tourner dans tous les sens avec parfois des angles droit. On relance à chaque tournant et dépassons encore quelques équipes épuisées. Au bas de la dernière côte, dont on ignore le % ( mais on s'attend au pire), je prends mon coup de fouet car quelques équipes sont devant en point de mire. Nous en dépassons 3. Le premier groupe nous encourage tandis que les autres sont exténués. nous arrivons au sommet, mais Michaël se trompe de passage et je vois juste dernière moi une équipe mixte. Je crie alors à mon coéquipier le chemin à suivre et nous passons l'arrivée inextremis avant l'autre équipe. Le temps: 3h49; Nous sommes heureux d'avoir boucler les 3 étapes"

Séverine-Nicolas font une 3ème étape extraordinaire à - de 9 minutes de Michaël-Bernard. Zaina-Roger arrivent en 4h21, Sandra-Peter: 5h49, Claudia-Myriam: 6h10 et Olivier 6h20.

Le retour est extraordinaire par la beauté du paysage. La température a bien augmenté et nous profitons du soleil et du lac. Le retour se fait en 3 étapes: bateau de 20 minutes - bus 5 min - bateau 1h50. Nous ne sommes pas tous ensemble car l'embarquement se fait par ordre d'arrivée. 1er embarquement Michael-Bernard, Séverine-Nicoals, Zaina-Roger; 2ème embarquement le reste de la troupe ( Claudia, Sandra, Peter, Olivier et Myriam). Nous prenons le temps d'admirer le paysage et de discuter avec l'autre groupe de Belge.
Le 1er groupe arrive à l'hotel à 17h, le second à 19h00. Quelle aventure mes amis!



2ème etape: Lago Mascardi - Pampa Linda



La deuxième étape s'annonce roulante: 17 km de parcours avec peu de dénivellé. Le temps ce matin est un peu gris mais la température idéale pour un coureur. Départ 9h00.

Le départ s'organise selon le classement général de la veille par groupe de 50 coureurs toutes les 4 minutes, ce qui devrait permettre d'éviter les désagréments de la veille.

Avouons que cette nouvelle organisation a été insufflé par le groupe des Belges emmené par Claudia qui a été voir l'organisateur pour lui proposer ce changement au vu des difficultés de la veille. Sébastian a accepté et nous voilà ce samedi matin prêt à partir.

Bernard nous fait son compte rendu du jour.

"J'appréhende un peu cette course car je sais que Michaël est plus rapide que moi sur ce tracé et je voulais préserver mes forces pour la dernière étape supposée être la plus dures et la plus longue. J'essayais de ne pas dépasser 90% de mon effort maximum pour éviter la surchauffe. Régulièrement j'essayais de ralentir la cadence. A l'arrivée pas de classement d'étape mais nous remontons de la 17ème à la 15ème place et prenons un place dans notre catégorie pour passer à la 4ème place"



Zaina et Roger arrivent ensuite et non loin Séverine et Nicolas. Ensuite vient Sandra-Peter, suivis à quelques minutes de Claudia-Myriam. Olivier arrivera ensuite à nouveau seul son coéquipier ayant des problèmes de genoux.

L'étape étant très courte, nous avons toute la journée pour profiter des lieux. La pluie est au rendez-vous et nous faisons dans un premier temps une petite sieste. Le repas tarde à être prêt et notre ventre gronde. A 13h00, nous nous sustentons enfin et décidons de partir faire un tour.

L'endroit est le point de départ de différents trekkings. Nous décidons de nous rendre à une chute d'eau à 2 km du camping. La balade nous détend complètement. La chute d'eau nous envoie des ondes positives.

Le soir venu, certains décident de s'offrir un petit resto dans le seul hôtel des lieux, vue sur les montagnes avant d'aller se coucher.

Le départ est prévu pour 7h00 et nous oblige à nous lever à 5h30.



1ère étape Trail le 8 fevrier: Lago Mascardi Nord - Sud



La première étape a lieu à 30 km de notre hotel. L'organisation étant purement latino, nous ne savions pas qu'il fallait réserver le bus de l'organisation pour y aller. Nous décidons d'y aller avec un taxi: 7h30 départ de l'hôtel. Le stress commence à monter. Nous arrivons au départ 1h à l'avance et découvrons les lieux de départ.
Le lac Mascardi s'ouvre devant nos yeux avec des collines autour. Le départ se fait le long de la berge et nos pieds risquent en effet bien d'être trempés dès le top chrono.

Particularités: le départ est en série: 9h: homme de - 80 ans, 9h15: mixtes et hommes de + 80 ans, 9h30: dames et hommes de + 100 ans.
Le tracé nous reste toujours inconnu et cela ajoute au mystère de toute cette expédition. Sur notre dos, l'équipement obligatoire: 2 t-shirt, 1 polar, une lampe de poche/équipe, un sifflet en cas de pépin, un collant, une couverture de survie, une trousse de secours, des lunettes solaires et un bonnet.: Bref, 3 kg à transporter en courant. Autant dire que nous avons choisi un sac à dos adapté, hypra léger car en plus de tout cela il faut transporter notre eau ( 1,5 à 2l).

A 9h les séniors partent en trombe. Cela promet pour la suite.Ils sont forts ces latinos. 9h15, 2ème groupe et je laisse Bernard commenter sa course.

"Notre tactique,éviter l'eau et partir calmement pour se ménager et reprendre des places dans la deuxième partie. Stratégie peu adaptée aux conditions car il est déjà impossible d'éviter l'eau, secondo après 1 km de course sur la plage, un chemin microscopique se profile dans la forêt dense. Résultat: bouchons et impossibilité de dépasser. D'autant plus que la galanterie ne semble pas être de mise. Pour contourner les obstructions des sportifs fatigués, nous devons prendre des risques en courant dans les bordures de chemins, racines et pieirrailles abondantes et cachées par une épaisse végétation. Tous les 30 sec, Passo, Passo, Passo alors que nos prédécesseurs tentent de résister à notre dépassement avec acharnement. A plusieurs reprises, la caravane s'arrête pour escalader un tronc qui barre la route ou passer un raidillon au pas.
Nous devons sans arrêt ralentir, relancer, dépasser sur les bas-côté en espérant que notre pied ne se torde pas sur une pierre ou une racine invisible.
Après avoir dépasser bon nombre de participants partis en même temps, nous devons ensuite nous attaquer aux plus lents du 1er groupe, partis 15 minutes avant nous.
Parmi les couples mixtes plusieurs femelles sont attachées par une corde à leur monture mâle qui semble être un pur-sang engagé pour l'occasion à tirer sa cavalière le plus rapidement possible; Certaines sont particulièrement agressives et très directives avec leur monture, utilisant tous les moyens pour vous dépasser dès qu'une difficulté ralenti la file- le parcours est très technique avec une multitudes de racines, raidillons, tournants, pierrailles qui durant près de 20 km rendent les dépassements dangereux.
Heureusement, après 20 km d'enfer, le terrain devient plus roulant ce qui permet le dépassement de pas mal de coureurs. Et là, à 1km de l'arrivée, la traversée d'une rivière nous attend. Les organisateurs nous demandent de nous tenir les bras car le courant est fort. Nous rentrons dans une eau glaciale ( venant des glaciers) qui nous arrive bientôt à la taille. Nos jambes se paralysent petit à petit et nous accélérons le pas pour éviter d'être immobiliser. En sortant de l'eau, nous ne sentons plus nos jambes. Heureusement, cela ne dure pas et l'arrivée n'est plus très loin. Après 3h00 de course et quelques frayeurs, nous arrivons enfin à notre campement. Nous sommes 5ème de notre catégorie."

Séverine et Nicolas arrivent en 3h20, non loin Zaina et Roger. Ensuite, Sandra-Peter et Myriam-Claudia arrivent ensemble en 5h00. Olivier arrivera en 6h seul.
Il nous raconte que son coéquipier qu'il ne connaissait pas avant la course éprouve beaucoup de difficultés et vu son rythme, Olivier a décidé de continuer seul son chemin. Vittorio arrivera d'ailleurs 1h plus tard et durant les 2 étapes qui suivront, Olivier fera la majorité de sa course seul.




Nous montons au fur et à mesure des arrivées nos tentes. Le campement devient une fourmillière de tentes où 1000 coureurs se retrouvent. La douche se passe dans l'eau du lac pure. Le savon n'est pas permis bien sur. Le paysage est magnifique mais notre ventre crie famine. Au menu poulet ou pâtes au choix, accompagné d'une salade, d'une boisson et d'un fruit. Important de recharger nos batteries.
Nous profitons de l'après-midi pour faire un somme et ensuite nous nous baladons le long du lac. Chacun en profite pour faire le bilan de cette 1ère étape.

La nuit tombe, le 2ème repas avec et la projection par l'organisation d'un petit film qu'ils ont tourné durant la course. Quelle rapidité. Les images défilent et nous nous remémorons notre matinée.

23h00: coup de feu pour un lever le lendemain matin à 6h00.